Je suis Mathieu Claveau et je vais vous raconter un moment qui m'a particulièrement plus. C'était la préparation de la Transat Jacques Vabre en 2019. C'était le début où l'on avait notre nouveau bateau, un Class40. C'était une fin de journée donc avec le coucher de soleil et c'est notre première sortie de 24 heures avec ce nouveau bateau qui nous paraissait assez grand, assez
impressionnant. Tout était nouveau pour nous qui venions du Mini et du Figaro. Avant d'aborder la nuit, nous avions des conditions idéales sous gennaker et avec un joli coucher de soleil. Le vent souffle à une dizaine de nœuds. On se dit qu'on a enfin accompli tout un travail et l'on aborde une nouvelle dimension. C'est vrai que ce moment-là restera marqué. Il est à la fois contemplatif
parce que le paysage était magnifique, à la fois satisfaction de voir que le projet avance et découvertes d'un nouveau support. À ce moment-là, je me suis dit que c'est quand même bien d'être en mer. On est mieux en mer qu'à l'usine ! D'autant plus que je travaille à côté et j'ai eu très peu de temps pour préparer le bateau, mon co-skipper c'était pareil, et du coup on a eu une dizaine de jours avant une course aller-retour aux Açores. Après on est partis sur la Transat Jacques Vabre. Donc c'est vrai que c'était de satisfaction d'arriver à amener ce projet avec si peu de
temps de navigation et de préparation. Un moment comme celui-là a révélé vraiment tout le travail qu'on avait accompli en amont.